Citation

''Lorsque celui qui chemine dans l'obscurité chante, il nie son anxiété, mais il n'en voit pas pour autant plus clair'' (Inhibition, symptôme et angoisse, S.Freud, 1926)


De la naissance à la mort, de la vie d'un désir au désir de vivre sa vieillesse.


Du premier au dernier jour, la vie n'est qu'une succession de naissances et, à chacune, d'un formidable désir, celui de vivre et de jouir de soi-même dans la vie. Ne nous leurrons pas, tous les objets élus objet d'amour, qu'il soit un autre être humain, un animal, un bien matériel ou intellectuel, n'est que le support d'un espoir, celui d'y voir se refléter notre propre bonté, beauté, puissance, intelligence, capacité d'aimer, ou pour y reconnaître nos côtés sombres et torturés avec le désir inconscient de jouir de notre propre compassion, par identification. Dis-moi ce que tu consommes je te dirai qui tu es.

On s'émeut devant les vagissements pleins de promesses (nos propres fantasmes) du nouveau-né, on admire avec un peu d'envie la jeunesse fougueuse croquant la vie à belles dents, on respecte l'expérience de la maturité, et devant la vieillesse … on fuit. La pub qui affichent des seniors sautant de joie avec leur nouveau dentier, on n'y croit pas ! La croisière sur le Danube ou les îles grecques, les Seigneuriales tout confort, on n'a pas les moyens ! Ces offres d'identifications imaginaires et factices ne font qu'accroître le fossé entre la société des actifs, des productifs, et les autres laissés pour compte dans leur maison de retraite, de l'autre côté de l'écran, voile pudique. 

Pourquoi priver les personnes âgées du support identificatoire de la jeunesse? Les vieilles personnes vivant en contact avec les jeunes gardent le regard pétillant, l'étonnement de la découverte, le goût de l'échange et la joie de vivre. L'inconscient n'a pas d'âge, le processus d'identification opère. La vieillesse réactive une problématique narcissique cruciale comme elle l'a été au moment de l'adolescence, mais l'identité imaginaire se dégrade. Les figures héroïques idéalisées ont peu à peu disparu.


La dévalorisation du discours social vis à vis de la vieillesse entame l'amour de soi. On ne parle plus d'expérience et de sagesse, mais de has been, le passé est dépassé, le nouveau et le speed ont la cote. A la retraite il faut se montrer dynamique et performant. Devant cette exigence, l'enfermement, le repli sur soi sont une tentation pour éviter le regard de l'autre de peur d'y lire de la compassion, du mépris ou de l'indifférence. L'enjeu est juste de ne pas sombrer bien que la mort soit une tentation, car il est parfois jugé préférable de perdre tout plutôt que de perdre beaucoup et de se retrouver avec trop peu. Le travail de deuil et le déplacement des investissements deviennent vitaux.


L'entrée dans la vieillesse a aussi son rituel initiatique qu'aujourd'hui on nomme la retraite. Le passage à la retraite est souvent un moment ''entre-deux'' dominé par des illusions soigneusement entretenues pendant plusieurs mois, voire années. Un repos bien mérité, une nouvelle liberté, enfin la possibilité d'être affranchi des contraintes professionnelles et de pouvoir exercer des tas d'activités dont on a été privé. Cette jubilation fait penser à l'heure des grandes vacances de l'écolier ou la majorité que l'adolescent appelle de ses vœux pour faire ce qu'il veut, à eux la liberté.


Cependant, outre cette jubilation toute juvénile, d'autres motions seront peut-être rappelées avec la problématique des identifications de l'enfance, d'autant qu'à l'heure de la retraite sonne souvent le temps de prise en charge des parents plus âgés devenus dépendants.


Le passage à la retraite est un moment charnière de remaniement de l'inconscient et de l'identité sexuelle, comme l'a été l'adolescence dans le sens inverse. Si l'adolescent est porté par un idéal où l'imaginaire précède le réel, le senior doit finalement se résigner à supporter un réel qui devient plus fort que l'imaginaire.


Comment se laisser porter à imaginer un avenir lorsque son issue funeste ne fait aucun doute. La vieillesse est une période de deuil de son image corporelle, de ses capacités physiques, sexuelles, intellectuelles, des liens d'attachement, mais aussi de ses illusions. Comme tout deuil elle implique une capacité de résignation. Les effets du réel sont incontournables.


La femme connaît comme l'adolescente un rituel naturel, la ménopause, qui lui signifie par un bouleversement hormonal l'achèvement de ses capacités de procréation. D'aucunes le vivront dans la souffrance physique et morale car les manifestations corporelles entrent en conflit avec le désir de séduire et d'enfanter. Les atouts de sa féminité s'étiolent en même temps que la nature lui refuse le privilège de la procréation, la projection d'une part vivante de soi dans le futur. L'homme teste sa capacité de séduction, mais malgré de louables efforts sent sa résistance faiblir et sa virilité fléchir.


Devant cette castration, conserver son identité et ne pas se laisser couler dans la douce fadeur d'une mamie-gâteau, d'un papi-bricolo pour conserver la captation du désir de l'autre peut ressembler à une gageure. La tentation est grande de remplacer les obligations professionnelles que l'on a quitté par des obligations familiales imposées par ses propres enfants. Grands-parents exténués par leurs petits-enfants et les travaux de rénovation contre l'illusion d'en être plus aimés parce qu'utiles. ''Ce n'est qu'en acceptant sa castration que le sujet conquiert sa pleine identité. Être sexué, c'est être coupé''.(1)


Avec le temps les prénoms, les lieux et les époques se mélangent, la vieillesse est une période de déconstruction des identifications où les mondes internes et externes s'emmêlent. Du fond de la mémoire les premières identifications ressurgissent. Les émotions et les manifestations d'une période archaïque que l'on croyait révolue ressurgissent. Il est frappant de constater la symétrie de cette période avec celle de la structuration du sujet, ce qui fait dire d'une personne âgée qu'elle retombe en enfance. Cela est d'autant plus vrai lorsque du fait d'une dégradation physique, mentale ou économique, elle devient vulnérable et dépendante de ses propres enfants.


La confusion s'installe, l'enfant devient parent, les repères et le temps sont brouillés. Cette situation favorise la régression, l'angoisse de castration. Dans le vieillard fait retour le sujet d'autrefois et ses pulsions primitives ''l'être est menacé par un inconscient qui répète avec insistance les conflits qui l'habitent'' (2). Le temps du refoulement n'est plus, le ça reprend parfois le dessus. Le conflit des générations s'actualise à rebours et le jeune retraité, les soignants, doivent parfois essuyer les motions agressives d'une enfance muselée qui fait retour.


Le naufrage de la vieillesse c'est de bâillonner sa demande car elle représente le désir, ne plus demander c'est ne plus s'identifier à l'être humain désirant. L'identification répond à une quête du moi sollicitant son idéal. L'activité de la pensée, la communication avec autrui peuvent ralentir la dégradation biologique, la rendre supportable. En la symbolisant les paroles ont des effets significatifs. Les paroles représentent des idéaux, héritiers du nom-du-père, elles sauvegardent notre capacité d'investissement dans des valeurs morales et éthiques. L'esprit de l'être humain est créateur en ce sens qu'il réinvente son passé, interprète son présent et imagine son avenir inlassablement, comme si la vie lui offrait l'éternité.


La demande est soumise à la loi d'un désir qui s'appuie sur l'attachement à ceux qui ont satisfait nos premiers besoins. A partir de la demande qui leur est adressée, les processus d'identification inconscients autorisent la confirmation d'une identité subjective. Le propre de l'homme est de rester désirant, si la demande est comblée il devient objet du désir de l'autre, l'important c'est qu'elle soit reconnue et entendue. Certes la fin a été entraperçue, mais une certaine dénégation autorise à poursuivre des projets sans en envisager l'achèvement. L'imagination créatrice continue à faire œuvre de vie.


La grandeur de l'homme c'est de ne pas vivre dans le déni de la castration inéluctable, savoir aimer l'enfant, l'adolescent, l'adulte qu'on a été et faire le deuil de la vie tout en acceptant de la vivre en tant que sujet désirant jusqu'à son terme.

(1) La vieillesse, Une interprétation psychanalytique, Ch. Herfrey, coll. Epi, 1993, Ed. DDB. p. 80
(2) ibid, p. 149




D'un passé imparfait au souvenir présent

Comme des récifs lorsque la mer reflue, parfois polis, doux et soyeux, mais en d'autres moments acérés, déchirés et blessants, des écueils de notre vie passée, du fond de notre mémoire, font irruption dans le présent indépendamment de toute volonté consciente. Ils s'imposent et ça insiste.

"Il ne faut plus y penser, oublie tout ça", mais ça revient en douce, sous d'autres formes; lapsus, rêves, idées obsédantes, actes manqués, comportement répétitifs ..., de façon à contourner cette censure, la volonté d'oublier, ça fait symptôme.

Ce n'est que de dire, de verbaliser, que ça s'épuise. Laisser venir les mots qui n'étaient pas là quand ça s'est produit desserre le nœud des émotions bloquées. Celles qui vous nouent l'estomac, étreignent la poitrine, étranglent la gorge, obèrent la capacité d'aimer et d'être libre.

L'enfant continue à jouer avec son jouet cassé, la vie continue pour qui a été maltraité, trompé, blessé. La peine, la douleur, la honte et les larmes sont plus ou moins bien refoulées mais le chagrin, la haine, la rage, la sidération, l'effroi, restent tapis dans la psyché pour déborder plus tard dans un autre présent alors même que les faits bruts restent dans un non-dit ou que le récit en semble parfois étrangement dénué de toute émotion accréditant l'intense conviction d'un succès du refoulement.

Notre mémoire fonctionne par associations, elle reconstruit en permanence nos souvenirs en accord avec nos croyances, nos sentiments, nos schémas, nos identifications. Le souvenir est un passé re-composé de faits d'une réalité concrète passée, d'oublis et d'imaginaire. Ce qui manque dans le récit c'est la part d'inconscient. La remémoration des événements du passé est toujours une reconstruction, une rénovation qui se veut à l'identique mais avec de nouveaux matériaux. Peut importe son authenticité, la vérité du souvenir c'est sa réalité dans le présent. L'ensemble contribue à la construction de notre identité.

N'oublions pas que c'est à partir de son imaginaire que le petit d'homme prend conscience de son unicité corporelle, en regardant dans le miroir son image inversée  qui le regarde. Révélé par cet autre du miroir il y a cru car un autre (le plus souvent sa mère) lui a confirmé "c'est toi''. Il faudra encore du temps pour qu'il parle de lui à la première personne en disant "je", l'enfant parle d'abord de lui à la troisième personne ou en utilisant son prénom, il se réfère encore à cet autre du miroir.

Une part de notre identité est faite d'imaginaire qui y laisse l'ombre d'un doute. Nous attendons souvent d'un autre la confirmation de ce que nous sommes, "C'est dans l'autre que le sujet s'identifie et même s'éprouve tout d'abord." J.Lacan 

L'individu peut rester captif de ce regard de l'autre à tous les âges de la vie, son estime de soi reste alors inféodée à l'opinion de cet autre, il en conserve une empreinte inconsciente qui aliène sa vie.

Le souvenir est un écran derrière lequel il y a toujours un passé et l'autre du passé. Il modifie notre vision du présent, nous change ou nous force à la compulsion de répétition. On ne sort pas indemne de son passé, chacun vit un combat entre son idéal et la réalité.

Pour que la tristesse du passé ne s'attache plus à notre quotidien il doit être symbolisé, faire l'objet d'un discours adressé à un tiers qui l'écoute. La psychanalyse est un moyen de le reconnaître, de le comprendre et le mettre à distance, replacer les faits dans le passé, c'est un travail de deuil. Le deuil de ces images du passé que notre mémoire a stocké en menus fragments et restitue aujourd'hui comme les pièces d'un puzzle qu'une nouvelle maturité essaye tant bien que mal de réorganiser en une logique toute relative. A notre insu les dates, les lieux, les pensées et les personnages se mélangent. Petit à petit en la rappelant, l'individu se sépare de cette partie de lui qui a vécu dans le passé pour en faire un souvenir. Grâce au dispositif singulier de la relation analytique, l'analyste cherche à opérer une conscientisation individuelle de la liaison entre des affects parfois puissants, non verbalisés, et certains souvenirs.

Le passé non symbolisé séquestre l'énergie de l'individu et le prive d'une partie de son présent. L'être souffrant ne veut pas se souvenir, mais c'est en multipliant la symbolisation de ses souvenirs qu'il peut relativiser le passé et s'en libérer. C'est en cherchant les détails du souvenir que l'analysant trouve d'autres outils pour casser l'enfermement. Il doit accepter la temporalité de cette libération et comprendre ce qu'il en coûte de sa parole.

Chaque fois qu'on essaye de faire resurgir quelque chose du passé on le recrée. Comme le rêve, le souvenir est fait de déplacement, condensation, projection, dramatisation. Chaque rappel est une nouvelle expérience qui en modifie le souvenir car nous ne sommes plus celui du passé. 

Faire un deuil partiel de son passé et des souvenirs qui nous le rappellent, c'est se donner le droit d'aller de l'avant car un souvenir ne fixe pas l'avenir d'un individu.





L'adolescent en exil

Aujourd'hui l'adolescence se voit et s'entend. Il n'est plus question dans nos sociétés de passer directement de l'enfance à l'âge adulte, en envoyant les garçons au combat, en mariant les filles dès la puberté et parfois avant, comme ce fut le cas dans les siècles passés et d'autres cultures pour lesquels cette mutation était symbolisée par des rites initiatiques éprouvants. Dorénavant parents et société ont à faire avec cet entre-deux qu'est l'adolescence, un passage, une traversée plus ou moins longue, pas toujours si facile, ni sans dommage.

Dans ses premières années c'est par identification à ses parents et plus largement aux figures qui l'ont entouré que l'enfant s'est construit sur une base transgénérationnelle. Cependant pour advenir à sa propre singularité, reconnaître son propre désir qui en fera un sujet libre, une désidentification est nécessaire. Tout en faisant le deuil de ses premières identifications, l'adolescent est inévitablement en quête de nouvelles identifications qui l'aideront à se projeter dans l'avenir, dans sa vie de sujet adulte, membre d'une société et d'une culture. L'identification dans sa double acception de reconnaissance de l'individu par et dans l'Autre, valide le droit à l'indifférence qui confirme le sujet dans sa qualité d'être humain et devrait lui permettre de se singulariser, d'affirmer sa différence subjective, et de s'en convaincre. Mais elle peut être pervertie, s'avérer être un piège quand elle constitue un pré-requis, un sésame, un rituel, mot magique incontournable de l'accès au monde virtuel, médiatique, interrelationnel. Pour avoir des amis, entrer dans un cercle, pour twitter, chatter, il est impératif de s'identifier pour se connecter au monde, voir et s'exhiber, avoir l'assurance de bien faire partie de cette communauté humaine, matrice masquée. Ce n'est plus un jeu où on abat ses cartes, mais jeu d'imposteur, un Je égaré parmi ses identités multiples, enfant piégé au jeu de la maturité, parents adolescents, adulescents en quête de jouissance toute-puissante, troquant l'immatérialité de la pensée contre la virtualité numérique, ou abîmé dans une spiritualité magique, hallucinatoire. Identités factices, éclatées, dissociées, éparses, dans lesquelles l'individu perd le sens de son être, son unité, son unicité, desquelles l'adolescent doit se dégager avec l'aide des adultes pour se sentir être, en renonçant à la magie de ses fantasmes de toute-puissance.

L'adolescence est une révolution physique et psychique. C'est le moment où la relation à soi interroge parce que la relation à l'autre prend une dimension sociale. L'adolescent se sent à l'étroit dans son corps, dans sa famille, ne sait pas où est sa place dans la société, ni comment l'intégrer. Sous l'effet de l'angoisse resurgissent les comportements régressifs, retour du refoulé de la période œdipienne.

La puberté précipite l'adolescent dans le deuil de son corps d'enfant et de ses identifications primaires et secondaires, ce qui implique une importante consommation d'énergie et mobilise pulsion de vie et pulsion de mort. Il s'agit également d'infliger à ses parents le deuil douloureux de l'enfant idéal qu'ils avaient fantasmé bien avant sa naissance. Il est bien difficile de conserver leur amour et l'estime de soi quand on a le sentiment de leur infliger cette cruelle déception. Comme dans tout processus de deuil, des mécanismes de défenses qui peuvent devenir pathologiques interviennent pour faire face à la douleur plus ou moins consciente de l'angoisse d'abandon réactivée. Ces conflits inconscients l'épuisent. Pour supporter cet orage intérieur il aura parfois tendance à s'isoler, pour moins sentir, un entre-deux destiné à le protéger des émotions violentes.

Devant le risque, une réelle détresse peut s'installer et le conduire à ''faire comme si'', se construire une fausse personnalité conforme à l'idéal parental, plein de fierté narcissique. Les conflits inconscients entre désir d'émancipation et fidélité génèrent un profond sentiment de culpabilité et d'indignité qui alimente une humeur dépressive, les explosions de colère suivies d'un repli mélancolique. Après la désidentification à la mère qui a permis à l'enfant d'accéder à l'individuation, la puberté est le temps de la désidentification à l'idéal parental pour investir une identité propre, subjective, et éviter de se perdre dans la personnalité ''comme si'', la dépersonnalisation ou la dissociation du moi. Il s'efforce souvent bruyamment de renier ses premières identifications comme pour opérer une mue. Cette mue physique, apparition des signifiants sexuels, poitrine, menstruation, changement de qualité de peau, de cheveux, de pilosité, mue de la voix, maturation de l'appareil génital, est également psychique. L'interaction est permanente entre le biologique et le psychique. Après la période de latence plus calme, l'adolescence remet tout en question, surtout chez ceux dont les identifications primaires et secondaires sont incertaines. Tout se rejoue, y compris l'inclination homosexuelle chez la fille comme chez le garçon qui se traduit par de profondes amitiés, prend toute l'apparence d'une défense contre l'angoisse d'un choix problématique.

Au lieu de lui proposer de s'investir dans des projets accessibles à ses capacités, c'est le moment crucial où les parents, les enseignants, la société lui demandent de choisir, son orientation scolaire, professionnelle, son avenir, quand ce n'est pas entre son père et sa mère arrivés au stade de la mésentente pas toujours cordiale, alors que la plupart du temps il n'en sait rien et se sent surtout aux prises avec des pulsions impérieuses et incomprises qu'il essaye de fuir dans le virtuel, l'apathie ou l'agressivité, faute de pouvoir les exprimer. Pulsions de vie bruyantes, pulsions de mort effrayantes, pulsions sexuelles culpabilisantes. Il cherche des substituts aux exigences pulsionnelles inconfortables dans des raffinements symboliques dont le sens semble échapper aux adultes alors qu'il attend de leur part une re-co-nnaissance pour enfin advenir à lui-même. Elle témoigne de la valeur de sa singularité et de l'importance de son apport à la communauté qui en retour lui manifeste son estime. La reconnaissance sociale confère à l'individu la dignité nécessaire au renforcement de son estime de soi. Le sentiment d'être reconnu comme unique, ne serait-ce que par des actes réprouvés par la famille ou la société, confirme l'être car ''c'est dans un autre que naît le sentiment de soi.'' La stimulation de l'interaction avec les autres participe à l'épanouissement des capacités propres, alors que leur indifférence générée par une identité d'avoirs qui le gavent, conduit à l'adoption d'un comportement auto-centré, à l'appauvrissement des échanges et à l'inhibition du moi.

L'adolescent a soif d'absolu, il recherche des identifications au-delà de la relation inter-individuelle dans des objets de sublimation, la spiritualité, l'ésotérisme, le savoir, etc..., qui le conduiront à se projeter dans l'avenir et à s'investir. Il a un besoin essentiel d'idéal et de projet pour accepter la maturité adulte, donner un sens à sa vie. Les sens et la sensibilité sont à fleur de peau, la capacité d'empathie est plus développée ce qui l'incline à prendre fait et cause pour les plus faibles, les démunis, les fragiles de toutes espèces vivantes dans lesquels il retrouve sa propre fragilité. Son sens moral particulièrement sensible à l'injustice, lui fournit nombre de sujets de protestation et de révolte par lesquels décharger ses pulsions agressives. Il veut changer le monde. La puberté est un entre-deux, une période de flottement entre abandon des investissements de l'enfance et recherche de nouveaux objets à investir. Ce soudain désœuvrement de la libido pousse l'adolescent à se recentrer sur lui-même dans une inflation narcissique qui oscille entre aspirations grandioses et morosité, épisodes dépressifs ou dépersonnalisation.

La puberté amène l'adolescent sur le seuil de la réalité adulte impliquant la rencontre de sa maturité biologique avec la différence des sexes. Elle modifie son rapport aux fantasmes et aux pulsions qu'il peut désormais agir avec son corps. Son ouverture au monde peut être soit autorisée et certifiée, soit inhibée par les figures parentales, quand le discours ne s'avère pas paradoxal entre les uns et les autres. Le rapport à la réalité du sexuel doit être progressif pour ne pas être agressif. Si elle est brutale, la réalité sera mal intégrée, la confiance inhibée devient source d'angoisse, il y aura lutte des sexes au lieu de rencontre créative. La sensualité censurée qui ne se développe pas harmonieusement risque d'être compensée par une cérébralité excessive ou une immersion excessive dans le virtuel, accentuant le déséquilibre de la structure psycho-affective.

Pour le garçon la menace œdipienne, l'angoisse de castration, bien présente dans l'inconscient lui fait aborder la rencontre hétérosexuelle avec une appréhension qui rend nécessaire le soutien de ces puissantes amitiés masculines adolescentes. L'inconscient est habité par une culpabilité qui en fait un réservoir d'angoisse, le désir transgresse fantasmatiquement l'interdit de jouissance. Les garçons se passent rarement de la bande, garante d'une protection contre l'angoisse de la relation pressentie comme incontournable avec l'autre sexe et l'impératif de séduction qui s'y rattache. Ils passent une partie de leur temps à se rassurer sur leur masculinité en adoptant des comportements significatifs de leur virilité, tout en gardant leurs distances. Le garçon n'est pas tout à fait sûr que son organe virile lui garantisse d'avoir le phallus. De son côté la fille le revendique en affirmant qu'elle ne se définit pas par un manque et préfère souvent l'amie intime au groupe. Tous deux traversent l'angoisse de l'être sexuellement différencié qui parfois les fait se réfugier dans l'avoir indifférencié pour en nier la prégnance, en régressant à une phase archaïque du développement psychique.

Un traumatisme quelque fois infligé par des circonstances extérieures, les fantasmes des rapports sexuels parentaux ou des sanctions lors des premières curiosités sexuelles, peuvent être causes d'une peur de la sexualité adulte. Le problème de l'appartenance du sexe rend l'émancipation impossible. C'est dans l'acceptation par le moi de son être sexué et de sa vie sexuelle indépendante ultérieure que se trouve la clé de l'affirmation de soi dans tous les domaines. Elle suppose l'acceptation de l'autre sexe comme existant, différent et partenaire dans une relation créative. Cette affirmation de soi passe à un moment donné par la contestation de la toute-puissante autorité parentale, paternelle ou maternelle. Les parents castrateurs font oeuvre d'infantilisation permanente en survalorisant la sécurité affective qui passe par l'obéissance. Le dynamisme et la créativité du moi sont alors anéantis, muselés par la crainte d'une perte d'amour au profit de comportements archaïques.

La déconnexion entre la réalité sexuelle et la réalité corporelle génère fréquemment un malaise à l'origine de troubles comportementaux agressifs envers l'autre sexe. De ce malaise fleurissent le langage provocant, les attitudes voyeuriste ou exhibitionniste, l'isolation ou la violence, symptômes de la difficulté de vivre l'exil de l'enfance pourtant promesse de liberté du sujet adulte, destin de tout adolescent.

Agwé - http://www.lesateliersjerome.com/

Un père et manque

Présente ou perdue, connue ou pas, la mère va de soi pour l'enfant. Le père, lui, n'a pas d'évidence, il est à découvrir, à conquérir. La notion de père est plus large que celle de géniteur, la figure paternelle est une place à donner ou à prendre. C'est dans le discours de la mère que l'enfant découvre son père, père réel, symbolique, imaginaire. La parole du père ou sa représentation fissure la relation symbiotique mère-enfant. Elle symbolise un au-delà de la mère, un a-venir qui éloigne du phantasme d'engloutissement en ouvrant le cocon maternel sur le monde extérieur.

Le père symbolique énonce l'interdit et représente la loi car il doit s'y soumettre comme les autres. Il inscrit l'enfant dans la lignée des pères par la transmission du nom et lui donne ainsi un ancrage dans l'histoire de l'humanité. Le recours à ce père symbolique dans le discours de la mère crée une triangulation structurante pour l'enfant. Il témoigne de la réalité d'une rencontre entre deux êtres sexués dont l'enfant est le fruit, inclus dans une filiation.

La présence du pèreou sa représentation, est nécessaire à la construction et à la maturation psycho-affective de l'enfant. L'évolution de la configuration familiale tend à valoriser la réussite individuelle et incite les femmes à assumer les rôles de mère et de père auprès des enfants en rendant la figure paternelle accessoire, mais ce sont ces deux figures, maternelle et paternelle, qui constituent l'autorité parentale. La figure maternelle enveloppe, console, nourrit le narcissisme primaire qui participe à la bonne estime de soi, la figure paternelle porte l'élan vers un idéal, des projets, la reconnaissance en tant qu'être sexué au sein d'une société, et garantit la sécurité de l'enfant en lui indiquant ses limites.

L'autorité parentale c'est la capacité de conserver le contact avec son enfant sans avoir recours à un intermédiaire, entretenir la relation parent-enfant, rester à l'écoute, expliquer les décisions, transmettre sa propre expérience et ses réactions au même âge. Bien souvent les parents ont à l'égard de leurs enfants des exigences dont eux-mêmes ont eu à souffrir enfant . Le développement de l'enfant s'inscrit dans une chaîne d'identifications, et l'équilibre psychique résulte d'un cheminement que chacun doit faire à la découverte de soi, en se confrontant à ses propres expériences de vie .

L'absence de fonction paternelle encourage une relation de dépendance affective de l'enfant à sa mère qui demeure alors, pour le garçon comme pour la fille, son premier et seul objet d'amour. Cette situation de dépendance affective est préjudiciable à l'enfant qui a également besoin d'un modèle lui apprenant l'autonomie, l'indépendance, la capacité d'être seul et de ne pas en souffrir. La carence de père (fonction paternelle absente, père indifférent ou nocif) peut entraîner un déséquilibre global chez l'enfant. Elle résonne comme un échec dans sa tentative de reconnaissance, le dévalorise à ses propres yeux et fragilise son sentiment d'être au monde. L'absence de re-pères se traduit soi par un repli sur soi, soit à l'opposé par une sociabilité de surface surtout marquée par une activité instable et désordonnée, témoins d'une grande anxiété due au sentiment d'insécurité.

La fonction symbolique de tiers séparateur dans la traversée de l’œdipe favorise l'identification au père du petit garçon dont l'inconscient intègrera l'interdit de l'inceste en orientant son choix d'objet d'amour vers un autre objet que sa mère, préparant ainsi les prochains enjeux de la maturité sexuelle. Chez la petite fille elle renforce son identification à la mère en la reconnaissant comme digne d'intérêt, porteuse de valeurs comme l'est sa mère aux yeux du père, détentrice des qualités féminines qui en font un être désirable, complet et non accablé d'un manque.

La présence du père, ou la référence au père, inscrit l'individu dans une famille, dans la société, lui donne une place signifiante. Le père est là avec la mère au départ de toute vie humaine, il remplit la fonction de passeur à travers le nom qu'il lègue à la reconnaissance de l'enfant. Si la femme devient mère par la chair, l'homme devient père par son nom, les mots de la mère et le lien qui l'unit à elle, qu'il soit le géniteur ou non. La loi du père éloigne l'enfant du chaos des émotions contradictoires d'une fusion à la mère, et inscrit l'individu comme sujet dans les limites du corps et du désir.

Chaque individu, quelque soit son sexe biologique, porte en lui des identifications féminines (la mère étant son premier modèle d'identification) et masculine, de ces deux aspects de sa personnalité dépend son équilibre psychique. Lorsque la figure symbolique paternelle fait défaut, l'enfant se construit à partir d'une figure déficiente, autour d'un manque à être. Il est amputé d'une part de lui-même et peut réagir en rejetant cette identification féminine déficiente. Ce déséquilibre rend les repères flous, l'identité vacillante. L'enfant peut en porter inconsciemment une culpabilité qui aliène sa relation au monde de façon douloureuse. L'absence d'attachement à une figure paternelle le prive d'un point de repère émotionnel et d'une capacité d'adaptation à l'autre qui ne mette pas en péril son autonomie et son indépendance.

C'est parfois par son propre comportement que le père s'exclut lui-même de sa fonction paternelle. Père hors la loi ou père banni, effacé, écrasé par le poids de la figure symbolique qui lui échoit, lui-même égaré par le manque de repères. Quel que soit le comportement du père réel, l'enfant introjectant le meilleur de ses parents se réfère à son père imaginaire et cette image ne doit pas être détruite car elle assure le socle de ses futures identifications.


Le rêve, une folie singulière

Folie ordinaire dont nous sommes tous porteurs, singulière car elle ne parle que la langue intime et familière du rêveur, celle de son inconscient. Cette langue doit être traduite en récit pour prendre un sens, ce récit appelle un discours, celui du rêveur à un tiers, pour devenir intelligible et faire sens. Nul mieux que le rêveur pourra trouver son chemin dans les dédales du labyrinthe parsemé de symboles qu'empreintent les idées et pensées latentes du rêve. Il est comparable au musicien qui, pour interpréter une œuvre, doit nécessairement pénétrer l'âme, les sentiments du compositeur afin de ne pas trahir son intention. Une parfaite connaissance du solfège et de l'instrument sont insuffisants pour la faire vibrer. C'est pourquoi aucun dictionnaire des rêves ne délivre la clé des songes.

"Non, mais je rêve!" exclamation qu'appelle un évènement, une situation, une expression invraisemblables, tout occurrence jugée incongrue, au langage inconnu, sans origine, sans finalité. Le rêve, lui, intrigue, car les scènes et pensées intimes qu'il recèle sont composées d'éléments appartenant à notre propre lexique, celui des traces mnésiques infantiles, des désirs hallucinatoires refoulés, de nos fantasmes, de notre culture et de notre héritage. Le paysage de notre inconscient est intemporel, tout y est actuel, actif, le passé comme le présent, c'est en cela qu'il détermine autant nos actes conscients que les contingences de la réalité extérieure. L'inconscient ignore la temporalité, en y plongeant ses racines le rêve exhume un passé refoulé.

La parole du rêveur se fait support d'une vérité inconsciente qui appelle une traduction pour émouvoir la conscience et le corps. Les idées latentes du rêve ne se livrent pas facilement, le mot à mot ne marche pas, c'est un rébus à déchiffrer, à dire puis à interpréter. Comme dans toute traduction il y faut de l'intimité pour en dépouiller le sens car elles sont imprégnées du sens de la vie du rêveur et non d'un langage universel. Les pensées du rêve sont transcrites dans une écriture imaginaire qui au-delà de la parole qui les porte en un discours élaboré, fera effet de langage dans le cadre analytique lorsqu'il s'adresse à un tiers, témoin, le psychanalyste. Le rêve traduit ce qui échappe à notre conscience, mais il n'est rien sans son récit à un autre

Les mots choisis pour dire le rêve sont ceux du présent. Les associations verbales en surgissent qui dévoilent petit à petit les subterfuges du travail du rêve; des personnages recomposés  par condensation de traits divers, situations inversées, déplacées du temps à l'espace, l'élément principal déplacé du centre vers le détail, substitution, ... toute chose qui dans leur étrangeté résonnent familièrement dans l'esprit du rêveur. Le rêve joue de la confusion issue des symboles, métonymies et métaphores qui permettent de passer outre la censure qui maintenait solidement le refoulement. 

Sur le plateau de nos nuits, le rêve met en scène les secrets de nos vies et plus encore ceux de nos désirs refoulés. Nos sens endormis, il joue des double-sens pour finalement éveiller notre conscience. Notre inconscient fait de l'esprit pour échapper aux interdits et censure du surmoi, vassal de notre idéal. L'écoute du psychanalyste est exercée à entendre au-delà du discours ce qu'il en est dit de l'inconscient, car "il n'y a d'inconscient que du dit" (J.Lacan, Encore, Le savoir et la vérité). Quelque chose se passe quand la traduction du rêve fait sens, le corps et l'esprit entrent en résonance avec les mots. 

Il y a une intelligence du rêve, si fou qu'il puisse paraître la raison est déjà passée sur le rêve, car le récit que nous livre le rêve est une reconstruction, tout comme nos souvenirs. Le rêve nous indique là où on ne veut pas entendre de soi. Par l'interprétation du rêve on arrive à être au clair avec des espaces de soi où s'était installé le déni qui entraîne la privation de la liberté d'être. Le sujet est une maison hantée. Ce qu'on ne veut pas savoir se renforce au fur et à mesure qu'on le refoule jusqu'à consommer la plus grande partie de notre énergie pour maintenir actives les résistances. (Anne Dufourmontelle, Intelligence du rêve)

Dans son ''Abrégé de psychanalyse'' (1938) Freud écrit : « Seuls peuvent nous faire progresser les états de conflit et de rébellion, ceux où le contenu du ça inconscient a quelque chance de pénétrer dans le moi et jusqu'à la conscience […] cette possibilité nous est justement offerte par le sommeil nocturne, et l'activité psychique qu'y si manifeste sous la forme de rêves est notre meilleur objet d'études.  […] nous nous y comportons comme des malades mentaux, du fait que, tant que nous rêvons, nous attribuons aux contenus du rêve une réalité objective.» 

L'intelligence du rêve nous le confirme, toute folie à sa part de vérité.

''Qui est le rêveur dans le rêve ?
Est-ce le Je qui marche et parle et court dans la nuit ?
Est-ce le même Je que celui de la lumière du jour ? Est-ce un autre Je ?
Est-ce que cet être nocturne en proie à des hallucinations a quoi que ce soit à me dire ?
Il se pourrait bien que oui.''
Siri Hustvedt. La femme qui tremble.

Picasso - Le rêve





La peur d'être seul

Parler de sa solitude, de la peur d'être seul, c'est déjà rompre son isolement, car "souffre d'isolement celui qui ne sait pas qu'il est seul". 

Se sentir douloureusement seul ou en avoir peur, en perdre le sens, plus de corps, juste un vertige, comme dans un cauchemar l'angoisse d'une chute sans fin qui creuse l'espace intérieur. Le néant d'un regard qui ne rencontre pas son reflet, d'une voix muette qui voudrait hurler sa détresse.

Cette solitude au lieu d'être lieu de communication intime avec soi donnant un sens au mot exister, devient frustration, expérience d'un manque insupportable.
Quant le monde, l'Autre, devient envahissant, étouffant, la solitude apaise, met de la distance, a le goût d'un délice, celui de la faveur de pouvoir être enfin soi, de se retrouver et d'en profiter. 
La mise à l'écart, l'absence de reconnaissance, l'indifférence du monde, de l'Autre, plonge l'individu dans une solitude imposée où il ne trouve que le vide angoissant d'un moi sans illusion. 

Bien souvent l'être humain erre entre deux désirs qui semblent incompatibles. Il aspire à être reconnu par l'Autre, être inclus dans une famille humaine enveloppante, sécurisante, mais alors sa singularité se dissipe dans une masse qui l'étouffe, la désunit, et revient l'envie de fuir, de se retrouver enfin seul pour se sentir être soi. Ces deux visages de la solitude rappellent l'ambivalence de notre désir, unir et détruire. Désir de fusion, retourner dans le ventre de la mère, désir de couper le cordon pour s'individuer, fuir l'aliénation par l'Autre. Faire valoir sa différence sans être exclu.

La solitude imposée par les évènements du réel est une souffrance qui s'exprime dans une plainte. Cet éprouvé peut être encore plus aigu au milieu d'une foule, au sein d'une famille, ou quand le désir de l'autre ne rencontre pas l'être que l'on sait vivre en soi, mais celui d'une demande qui le dépasse. 

C'est à ce moi que l'analyste offre un espace de liberté de parole pour se détacher de cette partie qui souffre sans pour autant se mettre en danger d'être dévoilé, mis à nu. Comme le fœtus perfusé par le cordon ombilical, l'enfant dépendant du sein auquel il s'est identifié, et les différentes identifications qui l'ont construit, l'adulte nourrit l'illusion d'être une part de l'autre qu'il retrouve en lui, mais se révolte inconsciemment contre cette aliénation.

L'expérience psychanalytique est un espace privilégié où l'individu expérimente sa capacité d'être seul sans se couper de l'autre avec lequel il partage un espace psychique. Sans cette capacité à vivre la solitude il demeure dans l'immaturité de la dépendance à l'objet, à l'autre. Il va s'efforcer de plaire, de falsifier son soi pour satisfaire le désir de l'autre et ne pas ressentir le manque.

La psychanalyse invite l'individu à exercer sa capacité d'être seul pour rencontrer la vérité de son être. Grâce à sa créativité, la richesse de son moi lui révèle la plénitude de se sentir unique, vivant et serein, de trouver sans cesse de nouvelles voies de sublimation, d'un autre possible, en s'affranchissant de sa demande à l'autre supposé lui éviter l'angoisse de la frustration et combler son manque à être. 
"La psychanalyse c'est devenir soi à deux." 




Psychanalyste didacticienne - Psychothérapeute d'orientation analytique - Sexothérapeute analytique - Certifiée par la Fédération Freudienne De Psychanalyse - Formatrice à l'Institut Freudien du Périgord à Bergerac - Auditeur libre à l'ACF Dordogne - Auditeur libre au CIEN.